ACTIF Formation – Information – Conseil

Votre partenaire formation depuis 1975

Secteur Sanitaire, Social et médico-social

Votre commande (0)

Le dernier numéro : La place de la « clinique » à l’heure de la performance : entre clivages et complémentarités

N° 496-497, Septembre - Octobre 2018, 222 pages, 18 €

Le pilotage par la performance, érigé en dogme depuis quelques années dans le champ de l’action sociale et médico-sociale, n’a de cesse de tisser sa toile pour promouvoir de manière décomplexée une « culture du résultat » doublé d’un cortège sémantique aux accents « performatifs » qui ont envahi tous les pans des organisations : projets, évaluation, démarche qualité, contractualisation, coopération, efficience, indicateurs et tableaux de bord, recommandations de bonnes pratiques, référentiels et autres procédures… autant de vocables qui façonnent aujourd’hui les stratégies et les modes de management des dirigeants d’ESSMS.

Cet impératif de performance revêt des intentions certes louables à plusieurs endroits (respect des droits, visibilité des pratiques, qualité des prestations, rationalisation des dépenses…). Cependant, pour certains, il semble atteindre aujourd’hui une sorte de paroxysme normatif et techniciste sous fond d’hyper-rationalisation, de parcellisation, voire de codification des compétences et des pratiques.

Cette « lame de fond » interpelle les professionnels de l’accompagnement sur le sens de leurs pratiques, et questionne en particulier ce qui en fait le terreau, à savoir la démarche « clinique » prise dans ses différentes acceptions théorico-pratiques. C’est ainsi que de nombreuses voix se sont fait tour à tour entendre pour protester contre ce qui leur paraissait être une tentative d’industrialisation du social et de formatage des modes d’interventions au risque d’un « prêt-à-penser », incompatible avec une démarche qui se fonde sur une posture « d’observation de l’indicible », qui au contraire, tente d’élucider ce qui se joue de manière singulière et intersubjective dans la relation à l’autre.

Pour autant, il est utile de rappeler ici que la « clinique » est elle-même confrontée à ses propres démons et «luttes de chapelle », et qu’il est primordial que les « les secteurs d’action qui la composent (éducatif, pédagogique, social et thérapeutique) […] ne sauraient être conçus comme clivés entre eux, puisque l’usager […] doit être appréhendé comme une personne globale » (Grimaud L., 2010), dans une perspective intégrative et transdisciplinaire.

Alors oui, c’est bien ce risque d’une dérive vers un système privilégiant le « tout mesurable » au détriment du sens, qui nous incite, dans le cadre de ce numéro des Cahiers de l’ACTIF, à un devoir de vigilance et à une prise de recul par rapport aux évolutions en cours.

Pour autant, performance et « clinique », condamnées à vivre « sur le même bateau », sont-elles aussi vouées « ad vitam aeternam » à une sorte d’antagonisme ? N’est-il pas possible de dépasser les clivages parfois stériles actuellement à l’œuvre, avec le risque, nous semble-t-il, que la clinique entre en « dissidence » pour devenir une sorte de « mauvais objet » du secteur ?

Nous défendons ici l’idée - certes peut-être naïve - que s’il est nécessaire de « savoir penser la distinction entre ce qui relève de la clinique et de sa complexité et ce qui relève de la tuyauterie » (Barbe L., 2011), il est au moins aussi important dans le contexte actuel de comprendre les articulations possibles entre « objectif de performance gestionnaire et objectif qualitatif clinique » (Lamoureux V., 2012) afin de créer des « synergies » et de repérer les contributions réciproques eu égard à la diversité et à la complexité croissantes des situations rencontrées.

L’ACTIF

Commander Autres numéros disponibles

Sommaire du numéro :

I - La place de la « clinique » à l’heure de la performance : entre clivages et complémentarités 7

Des étoiles dans les yeux et de la moelle plein les os : la clinique dans l’action sociale

Francis Alföldi 9

L’analyse du travail réel : un fondement souvent ignoré

Laurent Barbe 35

La fabrique de l’institution «d’en bas» : redonner du sens au travail avec et pour autrui, garantir la place de la clinique et promouvoir un modèle civique

Francis Batifoulier 51

À la recherche du sens perdu

Michel Brioul 69

Un cadre différenciateur pour une clinique interdisciplinaire

Elwis Potier 85

Penser la clinique à l’heure du management : problématiques et concepts

Lin Grimaud 99

Demain, bye bye la clinique ? Ou de la clinique comme fondement du travail social…

Jean-Luc Marchal 111

Des « bonnes pratiques » à la clinique éducative dans l’enfance inadaptée : évaluations et propositions

Gilles Brandibas, Jean-Luc Sudres 125

La clinique éducative, espace de créativité !

ANMECS 143

Performance de la clinique

Joseph Rouzel 151

II – Contrepoints 169

Des droits fondamentaux comme interface nécessaire entre l’entreprise médico-sociale et la clinique du sujet

Michaël Balandier 171

L’élaboration d’un modèle de mesure de la performance des services
en troubles graves du comportement : allier les aspects cliniques et organisationnels au service des usagers et des équipes

Julie Bouchard 189

III – Humeur 207

La « cli’ nique » ta mère ou la clinique comme un style. Quelle transmission? Sources et style du passeur

Henry Viciana 209

Vient de paraître 215